Assurances: Cinq chantiers pour transformer le secteur
Installé le 4 décembre 2025 à Douala, le nouveau bureau de l’Asac, désormais conduit par Eudoxie Douya, ouvre un mandat placé sous le sceau de la modernisation, de la discipline et du service aux assurés.
Le nouveau bureau exécutif de l’Association des sociétés d’assurance du Cameroun (Asac) a été officiellement installé, le 4 décembre 2025 à Douala, par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. À la tête de l’institution créée en 1973, Eudoxie Douya devient la première femme à occuper ce poste. En remplaçant Thierry Kepeden, président sortant, elle inscrit son mandat dans une dynamique de réformes et de consolidation du marché. « Votre choix m’honore et surtout il m’engage », a-t-elle déclaré, rappelant que son élection s’est déroulée « à l’unanimité ». Dès l’entame, le ton est donné : ce mandat sera celui de l’action concertée et mesurable.
D’emblée, la nouvelle présidente identifie cinq chantiers structurants : la digitalisation, les pools des grands risques, le développement de l’assurance Vie, la valorisation du capital humain et le dialogue institutionnel. Autant d’axes destinés à renforcer la transparence, la crédibilité et l’efficacité d’un secteur en pleine mutation. « La transformation numérique est la clé majeure de notre compétitivité », a-t-elle insisté, en appelant à l’extension de la dématérialisation à de nouvelles branches.
La présidente a également annoncé un engagement renforcé dans les mécanismes de mutualisation. Selon elle, les pools des grands risques représentent « un levier de solidarité et de stabilité ». Le développement de la coassurance, notamment pour l’assurance location de conteneurs, est présenté comme un outil essentiel pour sécuriser les engagements du marché face à des expositions croissantes.
S’agissant de l’assurance Vie, qui demeure encore sous-exploitée, Eudoxie Douya veut en faire « un pilier d’inclusion financière et de financement de long terme ». L’objectif selon elle : diversifier l’offre, attirer davantage de souscripteurs et consolider la contribution du secteur à l’économie nationale. Par ailleurs, la présidente place le capital humain au centre de sa démarche. « Notre force réside dans les femmes et les hommes qui font vivre ce marché ».
Le mandat prévoit ainsi un accent particulier sur la formation, l’encadrement des jeunes et la transmission des compétences, dans un contexte où les exigences de conformité et de performance se multiplient. Toutefois, l’un des défis majeurs demeure la qualité du service rendu aux assurés. Consciente des attentes, la présidente a insisté sur la nécessité d’accélérer les règlements de sinistres. « C’est notre raison d’être », a-t-elle martelé, en affirmant que l’ensemble du programme vise justement à assainir le marché pour améliorer ces délais, point sensible régulièrement relevé par les usagers.
Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a pour sa part, salué cette élection « à un moment crucial ». Il a notamment rappelé les chantiers attendus dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, parmi lesquels la création d’une société nationale de réassurance, la mise en place d’un fonds de garantie automobile ou encore la digitalisation totale des attestations. « J’aurai, plus que par le passé, mes yeux rivés sur vos actions », a averti le ministre, appelant à une collaboration renforcée avec la tutelle.
Ainsi, bien que symbolique, la nomination d’Eudoxie Douya n’est pas seulement historique : elle marque une nouvelle étape pour une Asac qui veut conjuguer discipline, innovation et proximité. Reste désormais à transformer ces engagements en résultats concrets, dans un secteur dont la crédibilité dépend plus que jamais de sa capacité à tenir ses promesses.

